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« Le procès Goldman », « Le règne animal », « The Old Oak », « Second Tour » «  Coup de chance », « Bernadette », « Un métier sérieux » et 4 autres films à l’affiche

Le procès Goldman.jpg5 étoiles. « Le procès Goldman ». Avril 1976. Le second procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche condamné en première instance à la réclusion criminelle pour quatre braquages à main armée dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes, débute. S’il reconnaît avoir commis 3 braquages, Goldman clame son innocence concernant celui qui a conduit au meurtre des deux femmes. S’il était reconnu coupable, il risque la peine capitale. Défendu par un jeune avocat auquel il ne fait pas vraiment confiance, Goldman, intenable et provocateur, n’hésite pas pendant son procès à intervenir lui-même.

Film de procès qui résonne avec l’actualité, l’action se passe à 95% dans la salle d’audience, le long-métrage, qui n’est pas une reconstitution fidèle mais s’en approche, de Cédric Kahn mérite incontestablement les critiques élogieuses qui lui sont faites. Brillamment interprété, mis en scène (les gros plans qui captent les réactions du public sont révélateurs de l’ambiance qui règne dans la salle) et écrit, « Le procès Goldman » tient en haleine du début à la fin. Son style épuré (pas de flashback, pas de musique, un écran carré avec une image qui rappelle les films des années 70) met l’art oratoire en valeur grâce à d’excellents dialogues et plonge le spectateur au cœur du procès. A ne pas manquer.

Le règne animal.jpg4 étoiles : « Le règne animal ». Dans un monde contemporain au nôtre, certains humains se transforment en animaux. C’est le cas de la femme de François qui est touchée par cette mystérieuse mutation et qui est finalement emmenée dans un centre spécialisé dans les Landes pour être « soignée ». Pour rester près d’elle, François et son fils Emile, 16 ans, déménagent dans la région. Mais des événements inattendus vont bouleverser à jamais la relation père-fils et leur existence.

Conte fantastique, toutefois bien ancré dans notre monde actuel, et écologique qui s’adresse à un large public, pas besoin en effet d’être un fan de science-fiction pour apprécier le film, « Le règne animal » est aux croisements de la comédie, du drame et du thriller. Inclassable. Si la relation père-fils, les deux acteurs sont très touchants, est au cœur du film, celle que nous entretenons de nos jours avec la nature ne l’est pas moins. Grâce à un scénario intelligent, une bande-son qui occupe une remarquable place, une photographie magnifique, des décors naturels et des effets spéciaux à couper le souffle, le réalisateur Thomas Cailley a pleinement atteint son objectif qui était, face à l’urgence climatique, de faire un film qui explore nos interactions avec le reste du vivant. A découvrir.

IMG_3206.jpg3 étoiles. « The Old Oak ». Propriétaire du « Old Oak », un pub situé dans une petite ville autrefois minière du nord de l’Angleterre, TJ Ballantyne sert chaque jour les mêmes clients désœuvrés qui viennent s’y retrouver pour passer le temps. L’arrivée de réfugiés syriens va créer de fortes tensions, ce qui ne va toutefois pas empêcher TJ de tisser des liens d’amitié avec Yara, une jeune migrante passionnée par la photographie. Ensemble, ils vont tenter de réunir autochtones et étrangers autour d’un projet de cantine pour les plus démunis et ainsi redonner vie à la communauté locale.

Fidèle à ses principes, un cinéma socialement engagé et profondément humain, Ken Loach, 87 ans, met en scène deux communautés en difficulté au sein desquelles émergent des personnages qui vont être capables de créer des ponts entre elles malgré les obstacles. Si l’on peut reprocher à « The Old Oak » un scénario trop prévisible, un manque de nuance entre les « gentils » et les « méchants » et un usage exagéré de la corde sensible, il n’en demeure pas moins que l’espoir et l’optimisme qui s’en dégagent font du bien.

Second tour.jpg3 étoiles. « Second Tour ». Journaliste politique rétrogradée à la rubrique football en raison de sa manière peu orthodoxe de couvrir l’actualité, Mlle Pove, suite à un concours de circonstances, est sollicitée par la direction de sa chaine pour suivre l’entre-deux tours de la campagne présidentielle. L’archifavori est Pierre-Henry Mercier, héritier d’une riche et puissante famille française, qui débute en politique. En suivant le candidat, Mlle Pove et son acolyte cameraman vont petit à petit découvrir que Pierre-Henry Mercier est un personnage bien plus complexe qu’il en a l’air.

Fable politique rocambolesque, « Second tour » est parfois drôle et même émouvant, mais également irritant en raison de sa vision manichéenne sur le pouvoir. Un peu plus de nuances dans le message idéaliste (naïf ?) que délivre le film n’aurait pas été de trop. Ceci étant dit, les nombreux rebondissements, bien que peu crédibles, qui donnent au long-métrage un rythme soutenu de bout en bout, des dialogues bien écrits et une distribution qui joue bien son rôle « second degré » font que l’on passe au final un bon moment avec la dernière réalisation d’Albert Dupontel.

Coup de chance.jpg3 étoiles. « Coup de chance ». Fanny est mariée avec Jean, un homme riche, et ils filent, en apparence du moins, le parfait amour. Mais lorsque Fanny rencontre, par hasard, Alain, un ancien camarade de lycée devenu écrivain et qui lui avoue qu'il a toujours été amoureux d'elle, ses certitudes sur sa vie de couple vont être remises en question. Et Jean va finir par s’en rendre compte et dévoiler petit à petit une personnalité qui contraste avec celle qu’il donne en public. 

« Coup de chance » démarre comme un vaudeville, puis prend des allures de thriller avant de se terminer en comédie policière. Malgré un propos léger, le film tient en haleine, après un démarrage en douceur, grâce à ce qu’il faut de rebondissements, un second degré parfois jouissif et par un trio d’acteurs (Lou de Laâge, Melvil Poupaud et Valérie Lemercier) très convaincant. On notera également que la photographie est magnifique, un régal pour l’œil. Le cinquantième long métrage de Woody Allen, et son premier tourné en français, n’est certes pas un chef d’œuvre, mais il permet de passer un moment agréable.

Bernadette.jpg3 étoiles. « Bernadette ». Quand Bernadette Chirac devient la Première dame de France en 1995, elle pense qu’elle aura enfin la reconnaissance qu’elle mérite après avoir toujours œuvré dans l’ombre de son mari pour qu’il devienne président de la République. Mais jugée trop ringarde, elle est au contraire mise sur la touche. Bernadette ne va toutefois pas se laisser faire et trouver petit à petit sa place jusqu’à devenir une figure médiatique incontournable.

Bien que le film soit inspiré de faits réels et publics, il n’en demeure pas moins que c’est une fiction. La réalisatrice, Léa Domenach, a choisi de raconter le parcours « présidentiel », soit entre 1995 et 2007, de Bernadette Chirac à travers une comédie satirique qui se moque avec bienveillance de ce monde politique français au masculin en mettant en valeur une Première dame irrévérencieuse, maline, décalée, drôle ou encore excellente tacticienne. Portée par une Catherine Deneuve formidable et des seconds rôles qui jouent fort bien le côté caricatural de leur personnage, « Bernadette » se laisse voir avec un plaisir certain.

Un métier sérieux.jpg2 étoiles. « Un métier sérieux ». C’est la rentrée scolaire au collège et les retrouvailles d’un groupe d’enseignants engagés et soudés après les vacances d’été. Ils sont rejoints par Benjamin, jeune professeur remplaçant qui fait ses débuts dans le métier. Il se retrouve rapidement confronté aux difficultés de ce dernier. Au contact de ses collègues, et malgré un contexte pas toujours simple, il va découvrir que l’enseignement demeure une passion.

Après trois films réussis dans le milieu médical (« Hippocrate », « Médecin de campagne » et « Première année »), Thomas Lilti change d’univers, celui de l’enseignement. La recette reste toutefois la même puisqu’il est toujours question d’engagement et d’aborder la fiction par le réel avec des personnages attachants, d’excellents acteurs et d’indéniables qualités sur la manière de tourner. Mais cette fois-ci on reste sur sa faim en raison d’un scénario qui multiplie les situations prévisibles dans un collège et laisse peu de place à l’émotion, contrairement aux trois précédents long-métrages du réalisateur. Un film trop « sérieux ».

Toujours à l’affiche

Anatomie d'une chute.jpg4 étoiles. « Anatomie d’une chute ». Sandra, Samuel et leur fils Daniel, garçon de 11 ans malvoyant suite à un accident, vivent depuis deux ans à la montagne, loin de tout. Alors qu'il revient d'une promenade avec son chien guide, Daniel trouve le corps de son père, immobile dans la neige. Tout semble indiquer qu’il est tombé de la fenêtre du grenier, cette chute ayant entraîné sa mort. Mais l’autopsie laisse la place au doute. Accident ? Suicide ? Homicide ? En l'absence de témoin, la justice se penche sur la vie du couple pour tenter de découvrir ce qui s’est passé ce jour-là.

Palme d’Or du dernier Festival de Cannes, « Anatomie d’une chute » a de nombreuses qualités : son scénario, sa mise en scène, sa direction d’acteur et le talent de sa distribution parmi laquelle on notera la performance exceptionnelle de Sandra Hüller. Elle incarne avec un rare brio cette femme qu’il est difficile de cerner renforçant ainsi le doute qui plane sur les circonstances de la mort de son mari. A ses côtés, le jeune Milo Machado Graner fait également des étincelles avec, notamment, une scène d’anthologie au cours du procès. Si l’on peut reprocher au film une longueur excessive (2h30) et une certaine froideur, qui s’explique toutefois par l’approche très réaliste voulue par la réalisatrice qui décortique la défaite d’un couple, il n’en demeure pas moins que « Anatomie d’une chute » est un film brillant.

Le Livre des Solutions.jpg2 étoiles. « Le Livre des Solutions ». Le dernier long-métrage de Marc ne plaît pas du tout à la production qui veut en modifier le montage. Pour éviter que cela n’arrive, il s’enfuit chez sa tante Denise dans un village des Cévennes avec son film sous le bras et toute son équipe pour retravailler lui-même son œuvre. Sur place, sa créativité débordante le plonge, ainsi que son entourage, dans un véritable chaos. Pour tenter de se canaliser, Marc se lance alors dans l’écriture du Livre des Solutions.

Inspiré par la propre vie du réalisateur Michel Gondry, diagnostiqué bipolaire, « Le Livre des Solutions » part dans tous les sens avec ses côtés positifs et négatifs. C’est à la fois drôle (le dessin animé au milieu du film, par exemple), génial (la scène où Marc joue le chef d’orchestre) et émouvant (les scènes avec sa tante), mais également agaçant (le personnage de Marc n’est pas sympathique) et lassant (le film finit par tourner en rond). Mais le tout se laisse voir avec un certain plaisir grâce à des seconds rôles irréprochables et à la performance de Pierre Niney qui est, une fois de plus, époustouflant.

Barbie.jpg2 étoiles. « Barbie ». A Barbie Land, tout est parfait. A condition de ne pas se poser de question et de ne pas être Ken. Un jour, Barbie a subitement une pensée sur la mort. Elle est suivie d’une transformation physique. Pour tenter de comprendre ce qui lui arrive, la Barbie bizarre lui conseille d’aller dans le monde réel. Accompagnée de Ken, qui n’en croira pas ses yeux quand il découvrira que les rapports entre les genres ne sont pas du tout les mêmes qu’à Barbie Land, elle va faire ce voyage qui va lui réserver bien des surprises.

Reconnaissons tout d’abord au film ses indéniables qualités visuelles qui rendent justice au monde de Barbie jusque dans les moindres détails. Le soin apporté aux décors, aux costumes ou encore à la musique n’est pas en reste. Et, bien évidemment, les actrices et acteurs ont la silhouette de l’emploi. Le film n’est pas dénoué d’humour avec des situations cocasses, spécialement lors de la confrontation entre l’univers féministe de Barbie et celui très masculin du monde réel que Ken envie rapidement. Le patriarcat en prend pour son grade. C’est sans nuances, mais plutôt drôle. Malheureusement, la seconde partie, qui coïncide avec le retour de Barbie dans son univers, n’est pas à la hauteur de la première : elle est plus sérieuse, moins dynamique et se répète. Quant à la fin, elle tire en longueur donnant l’impression que les scénaristes ne savaient pas comment conclure.

Oppenheimer.jpg2 étoiles. « Oppenheimer ». En 1942, persuadés que l’Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les USA décident, secrètement, de mettre au point la première bombe atomique de l’histoire. Robert Oppenheimer, brillant physicien, est responsable de ce projet. Avec son équipe de scientifiques, au cœur du désert du Nouveau-Mexique, il va réussir à fabriquer cette arme qui sera utilisée à Hiroshima et Nagasaki le 6 août 1945.

A lire ce synopsis, on pourrait penser que « Oppenheimer » est un film qui raconte le processus qui a amené à la fabrication de la bombe atomique. S’il en est bien évidemment question, le long-métrage, qui porte bien son nom avec ses 3 heures, est également très politique puisqu’on a reproché ensuite à celui qui était devenu un héros national d’être proche du parti communiste dans une Amérique qui avait développé un fort sentiment anticommuniste dans le contexte de la guerre froide. Ces deux approches scientifique et politique, une en couleur et l’autre en noir et blanc, se mêlent les unes aux autres dans une première partie confuse avec ses nombreux flashbacks et ses personnages qui donnent le tournis tant il y en a. Et ils parlent beaucoup, beaucoup trop. Il faut donc s’accrocher pour ne pas être largué malgré l’excellent jeu des acteurs et une musique (trop) omniprésente qui empêche tout juste de s’endormir. Heureusement, la seconde partie est plus digeste grâce à des scènes spectaculaires et au conflit intérieur fort bien mis en scène du personnage principal. Il n’en demeure pas moins que la fin, très politique, est interminable. Qui trop embrasse, mal étreint. 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire, 0 étoile : à éviter

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