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  • « Projet Dernière Chance », « La Maison des femmes », « Pillion », « Marty Supreme », « Victor comme tout le monde », « Une bataille après l’autre », « Hamnet »

    Projet dernière chance.jpg4 étoiles. « Projet Dernière Chance ». Le professeur Ryland Grace se réveille à bord d’un vaisseau spatial à des années-lumière de la Terre sans savoir ce qu’il fait là. Les deux personnes qui l’accompagnent sont décédées. Petit à petit, il retrouve la mémoire. Il se souvient que l’enjeu de la mission était de trouver une solution pour lutter contre l’extinction du Soleil. Pour sauver l’humanité, il va devoir compter non seulement sur ses connaissances scientifiques et sur des idées parfois farfelues, mais également sur une amitié pour le moins inattendue.

    Porté par le charismatique Ryan Gosling en tête d’affiche, plus craquant que jamais dans le rôle de ce professeur débrouille, drôle et attachant, « Projet Dernière Chance », si l’on excepte quelques invraisemblances scénaristiques, mais c’est de la science-fiction après tout, et quelques petites longueurs çà et là (le film dure 2h36), est un long-métrage réussi. A la fois spectaculaire, plein d’humour et touchant, « Projet Dernière Chance » embarque, au sens propre et figuré, le spectateur dans une odyssée spatiale qui se situe quelque part entre « E.T » et « Seul sur Mars », des sacrées références cinématographiques.

    La Maison des femmes.jpg4 étoiles. « La Maison des Femmes ». 2019. Saint-Denis, nord de Paris. A la Maison des femmes, une équipe pluridisciplinaire accompagne chaque jour des dizaines de femmes victimes de différentes violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu qui ne connaît pas d’équivalent, ce qui lui vaut une inspection qui pourrait tout remettre en cause en fonction de l’évaluation qui sera faite, le personnel s’investit tant et plus pour redonner confiance à ces femmes malmenées. Il le fait avec ses forces, ses doutes, ses propres expériences et, surtout, avec une énergie débordante.

    Inspiré de l’histoire et de l’action de la Maison des femmes à Saint-Denis, le premier long métrage de la réalisatrice Mélisa Gobet ne laisse pas indifférent. Les parcours de femmes qui le jalonnent sont bouleversants, sans pour autant que le long métrage tombe dans le pathos. Cet écueil est évité grâce à de l’humour, des scènes empreintes d’optimisme et de résilience ou encore les histoires personnelles de certains membres de l’équipe. A ce propos, on pourra regretter que des personnages principaux soient bien plus développés que d’autres. Mais pas de quoi renoncer à aller voir un film qui prend aux tripes par ce qu’il dénonce : la violence trop souvent faite aux femmes.

    Pillion.jpg4 étoiles. « Pillion ». Colin est un jeune homme timide qui vit encore chez ses parents dans une petite ville anglaise. Dans un pub, il rencontre Ray, le beau et charismatique chef d’un club de motard queer. Colin est immédiatement attiré par cette présence calme et terriblement érotique. Ray le remarque et, à la grande surprise de Colin, lui donne son numéro de téléphone. Commence alors un lent rapprochement entre les deux hommes qui va se muer en une relation où les rôles sont bien définis : Ray décide, Colin se soumet.

    « Pillion », excellent titre qui désigne le passager à l’arrière d’une moto à l’image du couple que forment Ray et Colin, est un film qui va bien au-delà du rapport de domination et de soumission que le synopsis pourrait laisser entendre. Ce récit sur la découverte de soi-même et de l’amour ne manque en effet ni de tendresse ni de moments comiques. Les (quelques) scènes de sexe s’inscrivent parfaitement dans l’histoire, sans voyeurisme, et les deux acteurs principaux jouent leur rôle à la perfection. Quant à la fin, elle est à la hauteur de l’ensemble du film : surprenante et très réussie.

    Une bataille après l'autre.jpg4 étoiles. « Une bataille après l’autre ». Ancien révolutionnaire, Bob vit en marge de la société avec sa fille Willa qui est née 16 ans auparavant de sa relation avec Perfida qui militait au sein du même groupe que lui. Mais cette dernière ayant préféré poursuivre ses activités révolutionnaires, Bob a élevé seul sa fille dans la crainte que son ennemi juré de l’époque, le capitaine Lockjaw, refasse surface. Cette peur se concrétise quand Willa disparaît. Bob remue alors ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé.

    « Une bataille après l’autre » (nommé à 13 reprises pour les Oscars 2026 !), malgré quelques facilités scénaristiques, est un grand film. Brillamment interprété et mis en scène, rythmé du début à la fin (on ne voit pas passer les 2h40) avec un suspense omniprésent, cette comédie dramatique porte bien son nom car le long-métrage de Paul Thomas Anderson est à la fois drôle, émouvant et terrifiant. Portrait de l’Amérique d’aujourd’hui, le film fait écho à la politique de Trump et de l’élite qui le soutient. Et ça fait froid dans le dos.

    Marty Supreme.jpg3 étoiles. « Marty Supreme ». New York, 1952. Marty Mauser est vendeur de chaussures dans la boutique de son oncle et, surtout, passionné de tennis de table. Il rêve de s'imposer à l'Open d'Angleterre afin de faire connaître ce sport au public américain. Ambitieux, il enchaîne les combines plus ou moins foireuses pour parvenir à ses fins. Il n’hésite pas non plus à user de son pouvoir de séduction sur les femmes pour tenter d’obtenir ce qu’il convoite. Mais à force de jouer avec le feu, Marty ne risque-t-il pas de se brûler ?

    Librement inspiré de la vie du pongiste américain Marty Reisman, le film du réalisateur Josh Safdie, nommé 9 fois pour la prochaine cérémonie des Oscars, est une réussite indéniable sur le plan formel. La mise en scène (les séquences de ping-pong sont incroyables), la reconstitution des années 50, la bande originale et la distribution sont de grande qualité. Concernant le jeu des actrices et acteurs, la performance de Timotée Chalamet est époustouflante quel que soit le registre (joueur, escroc, séducteur) et permet au film de ne pas trop perdre de son intérêt en cours de route malgré une tendance certaine dans sa seconde partie à tourner en rond, à se répéter et donc à lasser.

    Victor comme tout le monde.jpg3 étoiles. « Victor comme toute le monde ». Robert Zucchini est un comédien qui ne vit que pour et par Victor Hugo. Chaque soir, il remplit la salle du théâtre dans lequel il transmet au public son amour de l’écrivain et des mots. Jusqu’au jour où sa fille, la vingtaine et qu’il n’a pas vue grandir, lui tend une perche pour reprendre contact. Robert la saisira-t-il ? Et si aimer, pour une fois, valait mieux qu’admirer ?

    Si vous n’aimez pas le jeu de Fabrice Luchini, ce film n’est pas pour vous. Le comédien est en effet omniprésent et le rôle qu’il joue ressemble à s’y méprendre à lui-même. Pour les autres, ils apprécieront la verve bien connue de l’acteur qui s’en donne à cœur joie sur scène en s’appropriant la prose et les vers de Victor Hugo et fait preuve de délicatesse et d’humour pour tenter de renouer avec sa fille. Au final, « Victor comme tout le monde », malgré son côté un peu trop bavard et parfois répétitif, séduit par son écriture, sa tendresse, sa drôlerie et sa légèreté.

    Hamnet.jpg2 étoiles. « Hamnet ». Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Attirés irrésistiblement l’un par l’autre, ils entament une liaison passionnée avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will part à Londres tenter sa chance comme dramaturge, Agnes assume seule les tâches domestiques et l’éducation des enfants. Lorsqu’un drame se produit au sein de la famille, le couple vacille. Mais c’est cette épreuve qui donnera naissance à un chef d’œuvre universel.

    Adapté du roman éponyme de Maggie O’Farrel qui raconte les difficultés rencontrées par le couple Agnes et William Shakespeare pour surmonter le drame qui les frappe, « Hamnet » est le mélodrame dans toute sa splendeur. Il ne lésine pas sur les moyens pour arracher les larmes aux spectateurs dans une dernière partie certes plutôt réussie, mais qu’il aura fallu la patience d’attendre pendant les deux premiers tiers du film, soit 1h20. Jusque-là, les longueurs, malgré une belle photographie, sont légion avec la multiplication de scènes bien appuyées, et des acteurs au diapason, entre désespoir et folie. Trop, c’est trop.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire, 0 étoile : à éviter