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Film

  • « Projet Dernière Chance », « La Maison des femmes », « Pillion », « Marty Supreme », « Victor comme tout le monde », « Une bataille après l’autre », « Hamnet »

    Projet dernière chance.jpg4 étoiles. « Projet Dernière Chance ». Le professeur Ryland Grace se réveille à bord d’un vaisseau spatial à des années-lumière de la Terre sans savoir ce qu’il fait là. Les deux personnes qui l’accompagnent sont décédées. Petit à petit, il retrouve la mémoire. Il se souvient que l’enjeu de la mission était de trouver une solution pour lutter contre l’extinction du Soleil. Pour sauver l’humanité, il va devoir compter non seulement sur ses connaissances scientifiques et sur des idées parfois farfelues, mais également sur une amitié pour le moins inattendue.

    Porté par le charismatique Ryan Gosling en tête d’affiche, plus craquant que jamais dans le rôle de ce professeur débrouille, drôle et attachant, « Projet Dernière Chance », si l’on excepte quelques invraisemblances scénaristiques, mais c’est de la science-fiction après tout, et quelques petites longueurs çà et là (le film dure 2h36), est un long-métrage réussi. A la fois spectaculaire, plein d’humour et touchant, « Projet Dernière Chance » embarque, au sens propre et figuré, le spectateur dans une odyssée spatiale qui se situe quelque part entre « E.T » et « Seul sur Mars », des sacrées références cinématographiques.

    La Maison des femmes.jpg4 étoiles. « La Maison des Femmes ». 2019. Saint-Denis, nord de Paris. A la Maison des femmes, une équipe pluridisciplinaire accompagne chaque jour des dizaines de femmes victimes de différentes violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu qui ne connaît pas d’équivalent, ce qui lui vaut une inspection qui pourrait tout remettre en cause en fonction de l’évaluation qui sera faite, le personnel s’investit tant et plus pour redonner confiance à ces femmes malmenées. Il le fait avec ses forces, ses doutes, ses propres expériences et, surtout, avec une énergie débordante.

    Inspiré de l’histoire et de l’action de la Maison des femmes à Saint-Denis, le premier long métrage de la réalisatrice Mélisa Gobet ne laisse pas indifférent. Les parcours de femmes qui le jalonnent sont bouleversants, sans pour autant que le long métrage tombe dans le pathos. Cet écueil est évité grâce à de l’humour, des scènes empreintes d’optimisme et de résilience ou encore les histoires personnelles de certains membres de l’équipe. A ce propos, on pourra regretter que des personnages principaux soient bien plus développés que d’autres. Mais pas de quoi renoncer à aller voir un film qui prend aux tripes par ce qu’il dénonce : la violence trop souvent faite aux femmes.

    Pillion.jpg4 étoiles. « Pillion ». Colin est un jeune homme timide qui vit encore chez ses parents dans une petite ville anglaise. Dans un pub, il rencontre Ray, le beau et charismatique chef d’un club de motard queer. Colin est immédiatement attiré par cette présence calme et terriblement érotique. Ray le remarque et, à la grande surprise de Colin, lui donne son numéro de téléphone. Commence alors un lent rapprochement entre les deux hommes qui va se muer en une relation où les rôles sont bien définis : Ray décide, Colin se soumet.

    « Pillion », excellent titre qui désigne le passager à l’arrière d’une moto à l’image du couple que forment Ray et Colin, est un film qui va bien au-delà du rapport de domination et de soumission que le synopsis pourrait laisser entendre. Ce récit sur la découverte de soi-même et de l’amour ne manque en effet ni de tendresse ni de moments comiques. Les (quelques) scènes de sexe s’inscrivent parfaitement dans l’histoire, sans voyeurisme, et les deux acteurs principaux jouent leur rôle à la perfection. Quant à la fin, elle est à la hauteur de l’ensemble du film : surprenante et très réussie.

    Une bataille après l'autre.jpg4 étoiles. « Une bataille après l’autre ». Ancien révolutionnaire, Bob vit en marge de la société avec sa fille Willa qui est née 16 ans auparavant de sa relation avec Perfida qui militait au sein du même groupe que lui. Mais cette dernière ayant préféré poursuivre ses activités révolutionnaires, Bob a élevé seul sa fille dans la crainte que son ennemi juré de l’époque, le capitaine Lockjaw, refasse surface. Cette peur se concrétise quand Willa disparaît. Bob remue alors ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé.

    « Une bataille après l’autre » (nommé à 13 reprises pour les Oscars 2026 !), malgré quelques facilités scénaristiques, est un grand film. Brillamment interprété et mis en scène, rythmé du début à la fin (on ne voit pas passer les 2h40) avec un suspense omniprésent, cette comédie dramatique porte bien son nom car le long-métrage de Paul Thomas Anderson est à la fois drôle, émouvant et terrifiant. Portrait de l’Amérique d’aujourd’hui, le film fait écho à la politique de Trump et de l’élite qui le soutient. Et ça fait froid dans le dos.

    Les Rayons et les Ombres.jpg3 étoiles. « Les Rayons et les Ombres », titre emprunté à un recueil de poèmes de Victor Hugo qui renvoie à la dualité entre la vie, la connaissance et la mort, l’ignorance, raconte l’histoire vraie du journaliste Jean Luchaire et de sa fille Corinne, étoile montante du cinéma français dans la seconde partie des années 30. Connus pour leur collaboration avec les nazis durant l’Occupation, le film « observe ces personnages sans certitude punitive, mais sans complaisance non plus » selon le réalisateur Xavier Giannoli dont le précédent long-métrage « Illusions perdues » avait reçu 7 César amplement mérité.

    « Les Rayons et les Ombres » est totalement réussi sur le plan visuel, grâce à une reconstitution qui ne laisse rien au hasard et à une mise en scène virtuose. Porté par l’excellente performance de ses deux acteurs principaux Jean Dujardin et August Diehl, on n’en dira pas autant de Nastya Golubeva peu convaincante dans le rôle de Corinne, le film n’emporte toutefois pas totalement l’adhésion. Il y a deux raisons à cela : sa longueur excessive (3h20 !), qui aurait pu être évitée en supprimant des scènes répétitives de fêtes et au sanatorium, et une certaine complaisance à l’égard de ses personnages principaux qui pourraient presque passer pour des victimes. Heureusement, la plaidoirie du procureur lors du procès atténue cette impression.

    Marty Supreme.jpg3 étoiles. « Marty Supreme ». New York, 1952. Marty Mauser est vendeur de chaussures dans la boutique de son oncle et, surtout, passionné de tennis de table. Il rêve de s'imposer à l'Open d'Angleterre afin de faire connaître ce sport au public américain. Ambitieux, il enchaîne les combines plus ou moins foireuses pour parvenir à ses fins. Il n’hésite pas non plus à user de son pouvoir de séduction sur les femmes pour tenter d’obtenir ce qu’il convoite. Mais à force de jouer avec le feu, Marty ne risque-t-il pas de se brûler ?

    Librement inspiré de la vie du pongiste américain Marty Reisman, le film du réalisateur Josh Safdie, nommé 9 fois pour la prochaine cérémonie des Oscars, est une réussite indéniable sur le plan formel. La mise en scène (les séquences de ping-pong sont incroyables), la reconstitution des années 50, la bande originale et la distribution sont de grande qualité. Concernant le jeu des actrices et acteurs, la performance de Timotée Chalamet est époustouflante quel que soit le registre (joueur, escroc, séducteur) et permet au film de ne pas trop perdre de son intérêt en cours de route malgré une tendance certaine dans sa seconde partie à tourner en rond, à se répéter et donc à lasser.

    Victor comme tout le monde.jpg3 étoiles. « Victor comme toute le monde ». Robert Zucchini est un comédien qui ne vit que pour et par Victor Hugo. Chaque soir, il remplit la salle du théâtre dans lequel il transmet au public son amour de l’écrivain et des mots. Jusqu’au jour où sa fille, la vingtaine et qu’il n’a pas vue grandir, lui tend une perche pour reprendre contact. Robert la saisira-t-il ? Et si aimer, pour une fois, valait mieux qu’admirer ?

    Si vous n’aimez pas le jeu de Fabrice Luchini, ce film n’est pas pour vous. Le comédien est en effet omniprésent et le rôle qu’il joue ressemble à s’y méprendre à lui-même. Pour les autres, ils apprécieront la verve bien connue de l’acteur qui s’en donne à cœur joie sur scène en s’appropriant la prose et les vers de Victor Hugo et fait preuve de délicatesse et d’humour pour tenter de renouer avec sa fille. Au final, « Victor comme tout le monde », malgré son côté un peu trop bavard et parfois répétitif, séduit par son écriture, sa tendresse, sa drôlerie et sa légèreté.

    Hamnet.jpg2 étoiles. « Hamnet ». Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Attirés irrésistiblement l’un par l’autre, ils entament une liaison passionnée avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will part à Londres tenter sa chance comme dramaturge, Agnes assume seule les tâches domestiques et l’éducation des enfants. Lorsqu’un drame se produit au sein de la famille, le couple vacille. Mais c’est cette épreuve qui donnera naissance à un chef d’œuvre universel.

    Adapté du roman éponyme de Maggie O’Farrel qui raconte les difficultés rencontrées par le couple Agnes et William Shakespeare pour surmonter le drame qui les frappe, « Hamnet » est le mélodrame dans toute sa splendeur. Il ne lésine pas sur les moyens pour arracher les larmes aux spectateurs dans une dernière partie certes plutôt réussie, mais qu’il aura fallu la patience d’attendre pendant les deux premiers tiers du film, soit 1h20. Jusque-là, les longueurs, malgré une belle photographie, sont légion avec la multiplication de scènes bien appuyées, et des acteurs au diapason, entre désespoir et folie. Trop, c’est trop.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire, 0 étoile : à éviter

  • « Une bataille après l’autre », « La Voix de Hind Rajab », « Les enfants vont bien », « L’Inconnu de la Grande Arche », « Lesbian Space Princess » et d’autres films encore

    Une bataille après l'autre.jpg4 étoiles. « Une bataille après l’autre ». Ancien révolutionnaire, Bob vit en marge de la société avec sa fille Willa qui est née 16 ans auparavant de sa relation avec Perfida qui militait au sein du même groupe que lui. Mais cette dernière ayant préféré poursuivre ses activités révolutionnaires, Bob a élevé seul sa fille dans la crainte que son ennemi juré de l’époque, le capitaine Lockjaw, refasse surface. Cette peur se concrétise quand Willa disparaît. Bob remue alors ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé.

    « Une bataille après l’autre » (nommé à 13 reprises pour les Oscars 2026 !), malgré quelques facilités scénaristiques, est un grand film. Brillamment interprété et mis en scène, rythmé du début à la fin (on ne voit pas passer les 2h40) avec un suspense omniprésent, cette comédie dramatique porte bien son nom car le long-métrage de Paul Thomas Anderson est à la fois drôle, émouvant et terrifiant. Portrait de l’Amérique d’aujourd’hui, le film fait écho à la politique de Trump et de l’élite qui le soutient. Et ça fait froid dans le dos.

    La voix de Hind Rajab.jpg4 étoiles. « La Voix de Hind Rajab ». 29 janvier 2024. Les bénévoles du Croissant-Rouge reçoivent un appel d’urgence. Une fillette de six ans est piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza. Tout en la gardant en ligne, ils entreprennent des démarches très compliquées et chronophages pour obtenir de l’armée israélienne une route sécurisée pour l’ambulance qui devrait venir à sa rescousse.

    « La voix de Hind Rajab » se situe entre le documentaire et la fiction : ce sont des comédiens qui interprètent les bénévoles du Croissant-Rouge, quand bien même on peut voir furtivement vers la fin les vrais humanitaires filmés par leurs collègues avec un téléphone portable, mais la petite fille n’est présente à l’écran que par sa voix. Ce choix de la réalisatrice évite au film de tomber dans le pathos. Et c’est tant mieux car la charge émotionnelle est suffisamment forte sans devoir en ajouter en montrant des images qui auraient pu vite devenir insoutenables et détourner le public de voir un film nécessaire par ce qu’il montre : l’horreur de la guerre et, le plus souvent, l’impuissance à sauver des innocents qui ont eu pour seul tort d’avoir été là où il ne fallait pas. Déchirant.

    Les enfants vont bien.jpg4 étoiles. « Les enfants vont bien ». Quand Suzanne sonne à la porte de sa sœur Jeanne avec ses deux enfants de 9 et 6 ans sans l’avoir prévenue auparavant de sa visite pour qu’elle les héberge pour la nuit, cette dernière est pour le moins surprise, la relation entre les deux sœurs étant distante. Le lendemain, au réveil, Suzanne est introuvable. Jeanne découvre, sidérée, le mot où elle lui confie ses enfants. Elle se rend alors à la police pour signaler la disparition de sa sœur et pour que des recherches soient entreprises. Mais il n’en sera rien, Suzanne ayant décidé de disparaître volontairement.

    « Les enfants vont bien » est un drame familial, contrairement à ce que laisse entendre son titre. Mais s’il est positif, c’est parce que l’intérêt des enfants est au cœur du film. C’est ce qui donne la force à Jeanne, mère de substitution à ses dépens, pour avancer, entre espoir que sa sœur revienne et conséquences quand l’absence se prolonge pour elle, son neveu et sa nièce. C’est ce bouleversement qui est filmé avec une grande délicatesse aussi bien lors des gestes du quotidien que lors de scènes plus fortes avec la juge, le gendarme ou encore l’ex-femme. Porté par une distribution formidable, Camille Cottin et les deux jeunes acteurs en tête, « Les enfants vont bien » touche par la grande humanité qui s’en dégage.

    l'Etranger.jpg4 étoiles. « L’Etranger ». Alger, 1938. Meursault, la trentaine, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie, sa collègue, comme si de rien n’était. Mais son voisin, un homme peu recommandable, va bousculer son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches qui vont le conduire à un drame sur une plage qui va à jamais changer sa vie.

    Adapté du célèbre roman d’Albert Camus, le film de François Ozon est une réussite sur le plan formel. Le choix du noir et blanc pour des raisons esthétiques est des plus judicieux car il met en lumière le personnage ombrageux de Meursault, dont la vie va basculer à cause du soleil. Remarquablement interprété par Benjamin Voisin tout en retenue pour donner corps à cet antihéros à la fois mystérieux, fascinant et agaçant, le film, selon les propos de son réalisateur, « ne donne pas de réponse, mais provoque des sensations. Il propose une expérience sensorielle. » On ne saurait dire mieux. Mais pour apprécier à sa juste valeur cette expérience, il faut se laisser emporter par le rythme lent, particulièrement au début, qui fait écho au mode de vie de Meursault et au regard qu’il porte sur le monde.

    La Petite Dernière.jpg3 étoiles. « La petite dernière ». Fatima, 17 ans, est la petite dernière. Elle vit en banlieue dans une famille avec ses deux sœurs, sa mère et son père. L’atmosphère familiale est joyeuse et aimante. Fatima est également croyante. Alors qu’elle intègre une fac de philosophie à Paris, elle tombe amoureuse d’une femme avec comme conséquence une remise en question profonde de son identité, notamment en lien avec sa foi.

    Le film adapté du roman de Fatima Daas prend son temps pour suivre l’évolution de son personnage principal. Parfois un peu trop. Mais quand l’ennui guette, une scène forte se produit, à l’image de la quête de Fatima qui passe par des hauts et des bas, mais sans aucune violence physique à son encontre, c’est à souligner. Portée par une actrice formidable, Nadia Melliti, dont c’est le premier rôle et prix d’interprétation à Cannes, « La Petite Dernière » séduit par sa pudeur, sa sensibilité et sa délicatesse, trois qualités merveilleusement illustrées par l’avant-dernière scène du film entre Fatima et sa mère.

    Un simple accident.jpg3 étoiles. « Un simple accident ». Iran, de nos jours. Vahid, un ouvrier qui porte assistance à une famille dont la voiture est en panne suite à un simple accident, croit reconnaître celui qui l’a autrefois torturé en prison grâce au son de la jambe mécanique du conducteur. Il décide d’en avoir le cœur net en l’enlevant avec comme intention de lui faire payer ce qu’il lui a fait subir. Mais face à ce père de famille qui nie farouchement avoir été son bourreau, le doute s’installe.

    Palme d’Or du Festival de Cannes 2025, « Un simple accident », tourné de manière clandestine, est une critique du régime iranien. Il est inspiré de la deuxième expérience carcérale du réalisateur entre juillet 2022 et février 2023 au cours de laquelle il a partagé le quotidien d’opposants politiques, d’ouvriers arrêtés pour avoir réclamé leur salaire ou encore de femmes refusant de porter le voile. Oscillant entre tragédie et comédie noire, le film, malgré son sujet qui ne peut que retenir l’attention par ce qu’il dénonce et sa mise en scène qui fait d’une camionnette une sorte de tribunal ambulant, ne convainc pas totalement en raison de ce parti pris par moment peu crédible.

    Lesbian Space Princess.jpg2 étoiles. « Lesbian Space Princess ». Princesse de la planète Clitopolis, espace de bien-être absolu lesbien, Saira n’en mène pas large. Sa bien-aimée Kiki, qui aligne les conquêtes, l’a quittée pour de bon alors qu’elle imaginait faire sa vie avec. Mais quand Kiki est enlevée par les « Straight White Maliens » (Les Hommes Blancs Hétérosexuels), Saira s’embarque dans une aventure inter-gay-lactique pour sauver son ex et, pourquoi pas, son histoire d’amour. Mais les problèmes techniques de son vaisseau et la rencontre avec Willow, une pop-pop gay en fuite, vont changer la donne.

    A la lecture de ce synopsis, on aura compris que cette comédie d’animation fantastique ne fait pas dans la dentelle pour mener cette princesse peu sûre d’elle-même sur le chemin de l’épanouissement personnel. Sur sa route, elle rencontrera, notamment, des hommes hétéros caricaturaux, mais peut-être pas tant que ça. Si on se laisse embarquer au début par le film grâce à son rythme soutenu et à son humour décapant, il n’en est plus de même à partir du moment où Saira quitte sa planète. L’effet de surprise passé, et même si l’on rit parfois encore de bon cœur à certaines scènes, l’ennui s’installe devant la répétition des mêmes schémas.

    L'Inconnu de la Grande Arche.jpg2 étoiles. « L’Inconnu de la Grande Arche ». En 1983, François Mitterrand lance un concours d’architecture international pour la réalisation de la Grande Arche de la Défense. A la surprise générale, c’est un architecte danois inconnu qui l’emporte. Du jour au lendemain, cet homme de 53 ans, qui n’a construit dans sa vie que sa maison et quatre églises, est propulsé à la tête de ce chantier pharaonique. Et s’il entend bâtir la Grande Arche telle qu’il l’a imaginée, il va vite être confronté à des obstacles aussi bien opérationnels que politiques.

    « L’inconnu de la Grande Arche » est un film indéniablement instructif. La confrontation entre la vision sans concession de l’architecte pour « l’œuvre de sa vie » et la réalité à laquelle il doit sans cesse faire face ne manque pas d’intérêt, en tout cas dans un premier temps. En effet, si l’on peut comprendre que l’architecte veuille construire le monument tel qu’il l’a rêvé, son intransigeance finit toutefois par peser sur le film, malgré d’excellents seconds rôles, avec des scènes qui ont tendance à se répéter. Au final, un film intéressant, à la froideur assumée compte tenu du contexte dans lequel il se déroule et donc sans émotions.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire, 0 étoile : à éviter

  • Mes 20 films préférés de 2025

    Sur la cinquantaine de films que j'ai vus cette année, voici dans l'ordre (exercice toujours difficile de classer des films parfois si différents, surtout quand 17 d'entre eux ont 4 étoiles…) les 20 à qui j'ai décerné 5 ou 4 étoiles. 

    5 étoiles :

    5 septembre.jpg1972. Les Jeux olympiques de Munich sont les premiers à être retransmis en direct dans le monde entier. Le 5 septembre des coups de feu résonnent à proximité des studios d’ABC. Il s’avère que des athlètes et des entraîneurs israéliens sont pris en otage. L’équipe de télévision américaine interrompt la diffusion des joutes sportives pour couvrir cet événement sous la direction d’un jeune et ambitieux producteur qui va se retrouver confronté aux dilemmes de l’information en continu et de la moralité.

    « 5 septembre » est bien plus qu’une reconstitution historique de cet événement tragique des Jeux olympiques de 1972. Le film raconte en effet la prise d’otage du côté de ceux qui vont la montrer en direct, une première à l’époque, et qui sera suivie par 900 millions de téléspectateurs dans le monde. Si l’atrocité est en arrière-plan dans le long-métrage, elle est toutefois omniprésente en raison des décisions que la production va prendre pendant le direct et qui ne manquent pas de questionner : où est la limite entre le devoir d’informer et le désir de sensationnel ? Ce huis clos intelligent et haletant de bout en bout plonge le spectateur dans le studio de télévision comme s’il y était grâce à une mise en scène virtuose qui ne laisse aucun répit. Brillant.

    On vous croit.jpgAlice et ses deux enfants de 10 et 17 ans ont rendez-vous avec la juge, la garde étant remise en cause par son ex-mari. Bien décidée à faire tout son possible pour éloigner le danger que, selon elle, le père représente pour son fils et sa fille avant qu’il ne soit trop tard, Alice n’a pas le droit à l’erreur si elle veut convaincre la magistrate que son point de vue est juste.

    Huis clos judiciaire, les deux tiers du film se passent dans le bureau de la juge, qui va droit au but (durée 1h15), « On vous croit » est un long-métrage captivant, émouvant, bouleversant et d’une folle intensité. Le choix des deux réalisateurs de filmer en plans rapprochés, accentués par le format carré sur l’écran, donne aux expressions du visage et à la parole un rôle central. Et pour que cette option fonctionne, il faut d’excellents dialogues et une distribution de haut vol. Tel est bien le cas. On soulignera tout particulièrement la performance de Myriem Akheddiou qui, dans le rôle d’Alice, est exceptionnelle. « On vous croit » appartient à la catégorie des films qui vous laisse KO debout à la fin de sa projection et que vous n’oublierez pas de sitôt.

    Sorry, baby.jpgAgnès, la trentaine, est une professeure de littérature brillante. Mais elle a du mal à avancer dans sa vie privée en raison d’un traumatisme qu’elle a subi quelques années auparavant. Elle résiste toutefois pour ne pas perdre pied grâce en particulier à son amitié avec Lydie, qui malgré l’éloignement géographique est toujours présente pour elle, mais aussi à ce voisin qui ne demande qu’à la soutenir.

    La gestion du traumatisme d’Agnès est au cœur de cette comédie dramatique. Devant et derrière la caméra, Eva Victor, dont c’est le premier long-métrage, parvient à émouvoir sans jamais toutefois tomber dans le pathos malgré son sujet. On rit même à plusieurs reprises grâce à des situations et des dialogues à l’humour second degré qui sont une manière de ne pas sombrer. Cet exercice d’équilibriste est rendu possible grâce à la manière dont le traumatisme est filmé et à des scènes très différentes les unes des autres, mais qui touchent toutes en plein cœur, portées par des actrices et des acteurs formidables. Un premier film qui est une indéniable réussite.

    4 étoiles :

    l'Etranger.jpgAlger, 1938. Meursault, la trentaine, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie, sa collègue, comme si de rien n’était. Mais son voisin, un homme peu recommandable, va bousculer son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches qui vont le conduire à un drame sur une plage qui va à jamais changer sa vie.

    Adapté du célèbre roman d’Albert Camus, le film de François Ozon est une réussite sur le plan formel. Le choix du noir et blanc pour des raisons esthétiques est des plus judicieux car il met en lumière le personnage ombrageux de Meursault, dont la vie va basculer à cause du soleil. Remarquablement interprété par Benjamin Voisin tout en retenue pour donner corps à cet antihéros à la fois mystérieux, fascinant et agaçant, le film, selon les propos de son réalisateur, « ne donne pas de réponse, mais provoque des sensations. Il propose une expérience sensorielle. » On ne saurait dire mieux. Mais pour apprécier à sa juste valeur cette expérience, il faut se laisser emporter par le rythme lent, particulièrement au début, qui fait écho au mode de vie de Meursault et au regard qu’il porte sur le monde.

    A real pain.jpgDavid, marié, père d’un enfant et du genre plutôt réservé, et Benji, célibataire et du genre plutôt exubérant, sont cousins. Leurs parcours de vie respectifs les ont petit à petit éloignés l’un de l’autre. Jusqu’au jour où ils se retrouvent à l’occasion d’un voyage en Pologne afin d’honorer la mémoire de leur grand-mère bien aimée rescapée de la Shoah. Ce pèlerinage, qui se fait avec d’autres personnes et sous la responsabilité d’un guide, va confronter les cousins à leur passé familial et raviver entre eux de vieilles tensions qu’ils ont tentées d’enfouir jusqu’ici.

    Que l’on ne s’y trompe pas, malgré son sujet et son titre éminemment sérieux, « A real pain » n’est absolument pas plombant. Sans cesse sur le fil entre drôleries, émotions et réflexions sur le poids de l’Histoire, le film de Jesse Eisenberg, devant et derrière la caméra, convainc pratiquement du début (le démarrage est un peu poussif) à la fin grâce à sa sincérité, ses rebondissements et son duo d’acteurs aussi antagoniste qu’attachant. « A real pain » est une tragicomédie qui touche en plein cœur et qui vaut par conséquent le détour.

    Dossier 137.jpgStéphanie Bertrand, commandante à l’IGPN, la police des polices, enquête sur une affaire sensible : un jeune homme a été grièvement blessé lors d’une manifestation de Gilets jaunes. Les circonstances de ce drame ne sont pas claires et les responsabilités difficiles à établir. Stéphanie marche sur des œufs faisant preuve de la rigueur professionnelle dont elle est coutumière. Mais un élément inattendu va la troubler et ouvrir une faille entre devoir et conscience.

    Dominik Moll, à qui l’on doit l’excellent « La Nuit du 12 », situe à nouveau son nouveau film dans l’univers policier, plus particulièrement dans celui de l’IGPN à la fois critiquée par les citoyens et mal vue par les collègues. Ce terrain de tension est remarquablement exploité par le réalisateur grâce au personnage de Stéphanie, interprété avec talent par Léa Drucker, qui se fissure au fur et à mesure que l’enquête avance, tout en essayant de garder la tête froide malgré les différentes pressions. Ne cherchant pas à dénoncer, mais à comprendre comment de telles bavures policières peuvent se produire, « Dossier 137 » encourage indéniablement à la réflexion sur le rôle de la police.

    Enzo.jpgEnzo, 16 ans, vit sur les hauteurs de Marseille dans une belle villa avec piscine et une vue magnifique sur la mer. Il est apprenti maçon au grand dam de ses parents qui s’inquiètent pour lui. Ils auraient souhaité qu’il fasse des études, comme son grand frère. Mais Enzo ne veut pas suivre ce modèle. Il cherche sa place en multipliant les provocations à la maison, mais également sur son lieu de travail où il se rapproche petit à petit de Vlad, un collègue ukrainien de dix ans son aîné.

    Tiraillé entre ce que le milieu confortable dont il est issu attend de lui, les normes sociétales, ses désirs homoérotiques et son avenir dans un monde inquiétant et incertain, Enzo se débat avec lui-même pour trouver son propre chemin. Le fim dresse à la fois avec finesse et fougue le portrait de cet adolescent en crise et à la recherche de repères. Grâce à des personnages ancrés dans le réel et attachants, et portés par une excellente distribution parmi laquelle on compte deux acteurs dont c’est le premier rôle, à savoir Eloy Pohu (Enzo) et Maksym Slivinskyi (Vlad), les différentes émotions qui les traversent passent formidablement bien à l’écran, y compris dans la scène finale à l’image de l’ensemble du film.

    La Venue de l'Avenir.jpgUne trentaine de personnes qui ont la même aïeule, née en 1874, vont recevoir en héritage une maison abandonnée depuis 1944 et le terrain qui l’entoure. Quatre cousins (très) éloignés sont chargés d’en faire l’état des lieux. Ils vont découvrir dans cette vieille demeure des trésors cachés qui vont petit à petit les guider sur les pas d’Adèle qui a quitté sa Normandie natale à 21 ans pour se rendre à Paris au moment où la capitale est en pleine révolution industrielle et culturelle.

    Le va-et-vient entre 1895 et 2025 interroge notre rapport au progrès en montrant ce qu’on a gagné, mais aussi ce qu’on a perdu. Porté par une distribution de haut vol et des costumes ainsi que des décors somptueux, cette confrontation entre les deux époques prend la forme d’une belle « aventure généalogique » qui entremêle le passé et le présent sans aucun temps mort avec humour, poésie, tendresse, mélancolie et émotion. A l’image du tableau de Monet « Impression, soleil levant » dont il est question dans le film, « La Venue de l’Avenir » est une œuvre solaire.

    Nino.jpgNino, 28 ans, se rend en fin de semaine chez le médecin pour avoir le résultat des examens qu’il a subis en raison d’un mal de gorge persistant. Le diagnostic est mauvais. Il faut commencer un traitement dès le lundi suivant. Durant les trois jours qui le séparent de cette grande épreuve qui aura des conséquences sur toute sa vie, Nino va devoir se reconnecter avec lui-même et avec les autres.

    Porté par une excellente distribution avec à sa tête un acteur en état de grâce, Théodore Pellerin qui est pour beaucoup dans la réussite du film, « Nino » aborde de front le sujet de la maladie sans jamais tomber dans le pathos. Au contraire, l’angoisse de la mort se transforme petit à petit en urgence de vivre grâce aux rencontres, parfois improbables, que Nino fait au cours de ce long week-end. Délicat, sensible, touchant et même par moment drôle, le premier film de Pauline Loquès est une réussite.

     

    Sinners.jpgMississippi 1932. Elijah et Elias, des jumeaux, sont de retour dans leur ville natale de Clarksdale après avoir travaillé avec la pègre de Chicago. Ils achètent une ancienne scierie à un membre du Ku Klux Klan afin d’y ouvrir le soir même un bar. Alors que la fête bat son plein, Sammie, cousin des deux frères, prend sa guitare et se met à jouer. Sa musique va avoir comme conséquence d’attirer des forces maléfiques qui vont rendre cette nuit pour le moins inoubliable. 

    « Sinners » parle de blues, de racisme, d’amour, de vie éternelle ou encore de fraternité. A la fois blockbuster et film d’auteur, le long métrage, avec comme petit bémol une première partie qui aurait pu être plus courte et un scénario parfois un peu confus, est une indéniable réussite. La mise en scène est époustouflante, les effets spéciaux impeccables, la performance de Michael B. Jordan dans son double rôle bluffante et la bande son un régal. A ce titre, la scène où les univers musicaux du passé, du présent et du futur se juxtaposent est un grand moment de cinéma. A la croisée des genres entre film d’action, à thème, musical et d’horreur, « Sinners » tire le meilleur parti de chacun d’entre eux, ce qui n’était pas gagné d’avance.

    Love me tender.jpgMalgré leur séparation, Clémence et Laurent s’entendent bien et partagent sans difficultés particulières la garde leur fils, Paul, âgé de 8 ans. Jusqu’au jour où Clémence annonce à son ex-mari qu’elle fréquente des femmes. Ce dernier va alors tout faire pour obtenir la garde de leur enfant qui, pris en étau entre ses deux parents, va petit à petit s’éloigner de sa mère. Mais Clémence n’entend pas renoncer à son fils, tout en assumant ses choix d’une femme libre.

    Adapté du roman éponyme et autobiographique de Constance Debré, « Love Me Tender », malgré quelques longueurs, prend aux tripes parce qu’il questionne la place des femmes qui osent s’éloigner de la norme et revendiquer qui elles sont dans notre société. Et ce d’autant plus quand elles sont mères. Porté formidablement par Vicky Krieps, qui donne corps, au sens propre et figuré, à son personnage qui résiste tant et plus à l’injustice, au sexisme et à la lesbophobie dont il est victime, mais également par des seconds rôles irréprochables, le film est un manifeste bouleversant et fort sur le droit d’être soi-même.

    Jouer avec le feu.jpgPierre élève seul ses deux fils âgés de 20 et 22 ans. Alors que Louis, le cadet, est un étudiant qui avance aisément dans la vie, Fus, l’aîné, se cherche. Il part petit à petit à la dérive en se rapprochant de groupes d’extrême droite. Pierre, conscient que Fus file un très mauvais coton, n’arrive toutefois pas, malgré ses tentatives, à dissuader son fils de fréquenter ces hommes qui mettent la violence au cœur de leurs actions. Peu à peu, l’amour paternel cède la place à l’incompréhension.

    Les deux réalisatrices, Delphine et Muriel Coulin, se sont inspirées du roman de Laurent Petitmangin « Ce qu’il faut de nuit » pour leur film, car le livre pose une question sur laquelle elles avaient envie de travailler : « l’amour est-il forcément inconditionnel ? Si tu commettais le pire, pourrais-je continuer à t’aimer ? » « Jouer avec le feu » est un film coup de poing avec une dernière partie où l’émotion est à son comble. Portés par trois acteurs formidables, Vincent Lindon, Benjamin Voisin et Stefan Crepon, et malgré quelques petites longueurs, « Jouer avec le feu » prend aux tripes grâce à son scénario où l’amour et la tendresse côtoient la haine et la violence sans que l’on sache d’avance qui va l’emporter.

    Les enfants vont bien.jpgQuand Suzanne sonne à la porte de sa sœur Jeanne avec ses deux enfants de 9 et 6 ans sans l’avoir prévenue auparavant de sa visite pour qu’elle les héberge pour la nuit, cette dernière est pour le moins surprise, la relation entre les deux sœurs étant distante. Le lendemain, au réveil, Suzanne est introuvable. Jeanne découvre, sidérée, le mot où elle lui confie ses enfants. Elle se rend alors à la police pour signaler la disparition de sa sœur et pour que des recherches soient entreprises. Mais il n’en sera rien, Suzanne ayant décidé de disparaître volontairement.

    « Les enfants vont bien » est un drame familial, contrairement à ce que laisse entendre son titre. Mais s’il est positif, c’est parce que l’intérêt des enfants est au cœur du film. C’est ce qui donne la force à Jeanne, mère de substitution à ses dépens, pour avancer, entre espoir que sa sœur revienne et conséquences quand l’absence se prolonge pour elle, son neveu et sa nièce. C’est ce bouleversement qui est filmé avec une grande délicatesse aussi bien lors des gestes du quotidien que lors de scènes plus fortes avec la juge, le gendarme ou encore l’ex-femme. Porté par une distribution formidable, Camille Cottin et les deux jeunes acteurs en tête, « Les enfants vont bien » touche par la grande humanité qui s’en dégage.

    En première ligne.jpgFloria est infirmière. Elle travaille à flux tendu dans un hôpital chroniquement en sous-effectif. Un jour, à la prise de son service, elle apprend qu’une de ses collègues est malade. Elle ne sera pas remplacée rendant ainsi encore plus compliqué que d’habitude son travail. Cette difficulté ne va toutefois pas l’empêcher d’apporter à chacun de ses patients humanité et chaleur. Mais au fil des heures, les demandes se font de plus en plus pressantes et, malgré son professionnalisme, la situation commence dangereusement à lui échapper.

    Pendant une heure et demi, la caméra ne lâche pas Floria, magistralement interprétée par Leonie Benesch, qui se démène pour satisfaire au mieux sa patientèle très diversifiée et plus ou moins attachante. Au fur et à mesure que les minutes passent, le rythme du film s’accélère, à l’image d’un thriller. Cette immersion dans le monde infirmier est particulièrement réussie et met en valeur une profession exigeante et indispensable qui fait de moins en moins d’adeptes. Et on comprend pourquoi. Le film rappelle d’ailleurs à juste titre avant le générique de fin que le manque de soignants sera criant ces prochaines années…

    13 jours, 13 nuits.jpg« 13 jours, 13 nuits » raconte l’opération d’évacuation réelle organisée par le commandant Mohamed Bida, un policier en poste à l’ambassade de France à Kaboul, en août 2021 alors que les Talibans prennent d’assaut la capitale et s’emparent du pouvoir. Au milieu du chaos, des milliers d’afghans tentent de se réfugier à l’intérieur de l’ambassade. Pris au piège avec ses hommes et les fugitifs, le commandant tente une négociation de la dernière chance avec les Talibans pour organiser un convoi jusqu’à l’aéroport et quitter Kaboul avant qu’il ne soit trop tard.

    Film d’action par excellence, le rythme est soutenu du début à la fin avec notamment des scènes de foule spectaculaires, « 13 jours, 13 nuits » séduit par l’humanité qui se dégage non seulement de son personnage principal (remarquable Roschdy Zem), mais également de celles et ceux qui l’entourent à l’image de l’interprète, de la journaliste, de l’équipe de sécurité ou encore de cette jeune soldate américaine dont c’est la première mission. Un long-métrage qui mêle avec habileté action, émotion, courage, responsabilité et empathie.

    Des preuves d'amour.jpgParis. 2014. La loi permettant aux couples de même sexe de se marier vient d’être adoptée. Nadia est enceinte suite à un don de sperme. Céline se prépare à devenir parent dans un rôle qu’on ne lui reconnaît pas. Elle va devoir passer par l’adoption de son propre enfant en présentant un dossier avec des lettres de son entourage démontrant qu’elle est apte à remplir sa fonction. Entre les bouleversements d’une grossesse, les absurdités administratives et les relations complexes avec sa mère, le chemin de Céline est étroit pour trouver sa juste place.

    Premier long métrage d’Alice Douard, « Des preuves d’amour » est une comédie romantique qui séduit non seulement par l’humour, la tendresse et l’émotion qui s’en dégagent, mais également par les thèmes qui sont abordés tels que la parentalité, la filiation ou encore l’homophobie. Porté par un trio d’actrices remarquable, et des seconds rôles qui ne le sont pas moins, le film sonne juste de bout en bout en ne forçant jamais le trait, en gardant une certaine légèreté malgré les obstacles et en rendant ainsi ses personnages très attachants.

    A bicyclette.jpgDe l’Atlantique à la mer Noire, Mathias entraîne son ami Philippe dans un voyage à vélo afin de refaire le trajet que Youri, le fils de Mathias, avait entrepris cinq ans auparavant avant de disparaître tragiquement.

    Basé sur des faits réels, « A bicyclette » laisse une grande place à l’improvisation. Mathias Mlekuz, également réalisateur, et son ami Philippe Rebbot, acteur bien connu, échangent, notamment, sur l’amitié, la culpabilité, le sens de la vie, la mort et bien évidemment l’amour pour ce fils disparu trop tôt. Malgré son thème, le film est une ode à la vie et à la résilience. Les scènes, qui se succèdent au gré de l’avancement du voyage dans des décors naturels, sont à la fois tendres, mélancoliques, émouvantes et drôles. Et même parfois très drôles quand Mathias et Philippe font les clowns dans des classes qui les accueillent pour l’occasion ou encore lorsque la propriétaire d’un appartement à louer explique les règles à respecter en s’aidant de Google traduction. La réussite du film tient pour beaucoup à ses deux acteurs principaux dont la complicité éclate à l’écran, mais également au montage qui a su faire le tri dans 180 heures de rushes (!) pour donner une colonne vertébrale à une histoire qui aurait pu autrement très vite sortir de route.

    L'attachement.jpgSandra est célibataire et revendique son indépendance. Elle va toutefois se retrouver, suite à un concours de circonstances dramatiques, plongée dans l’intimité de son voisin de palier et de ses deux enfants. Contre toute attente, elle va s’attacher petit à petit à cette famille d’adoption et aux autres personnes qui gravitent autour.

    Carine Tardieu, réalisatrice de l’excellent « Les jeunes amants » avec Fanny Ardant et Melvil Poupaud, met magnifiquement en scène tous ses personnages qui cherchent leur juste place au sein de cette famille pour le moins atypique. Elle peut s’appuyer sur une excellente distribution qui joue sa partition douceur et retenue, ce qui est à souligner de la part de Valeria Bruni-Tedeschi, Pio Marmaï ou encore Raphaël Quenard d’habitude bien plus expansifs. « L’attachement » appartient à cette catégorie de films qui touchent droit au cœur grâce à la palette des sentiments qui s’en dégagent : c’est à la fois drôle, bouleversant et surtout d’une infinie tendresse. En un mot : attachant !

     Baby.jpgA sa sortie d’un centre de détention pour mineurs, Wellington, 18 ans, se retrouve seul et démuni dans les rues de São Paulo. Ses parents, qui l’ont abandonné à son sort, ont déménagé sans laisser d’adresse et il n’a aucune ressource pour commencer une nouvelle vie. C’est alors qu’il fait la rencontre de Ronaldo, 42 ans, qui va le prendre sous son aile et lui apprendre différentes manières de survivre dans la mégapole brésilienne. Mais au fur et à mesure que Welligton prend confiance en lui, la relation entre les deux hommes se transforme en passion conflictuelle.

    Récit d’apprentissage dans le milieu de la jeunesse LGBTIQ+ défavorisée de São Paolo, « Baby » est un film qui émeut grâce à son approche qui met en valeur l’amitié et l’amour sous toutes ses formes comme remède à l’abandon, sa mise en scène soignée, son approche politique, social et sensuel, à ne surtout pas confondre avec sexuel. La remarquable interprétation de João Pedro Mariano et Ricardo Teodoro donne une dimension résolument humaine à l’histoire de ces deux hommes qui vont faire un bout de chemin ensemble et s’entraider dans un milieu certes hostile, mais non dénué d’espoir.

    Dangerous Animals.jpgZephyr est une surfeuse intrépide qui ne souhaite rendre de compte à personne, même pas au beau Moses qui ne la laisse pourtant pas indifférente. Cette rencontre s’avérera toutefois décisive alors qu’elle se fait enlever par Tucker, un tueur en série obsédé par les requins. La jeune femme est séquestrée sur le bateau de son ravisseur. Pour échapper au triste sort des nombreuses autres victimes de Tucker, qui ont été données en pâture aux requins, Zephyr va devoir faire preuve d’intelligence, de beaucoup de courage et profiter des moindres circonstances favorables qui se présenteraient.

    Comme son synopsis le laisse penser, « Dangerous Animals » se situe entre le film d’horreur et le thriller. Celles et ceux qui n’apprécient pas ce genre passeront leur chemin. Pour les autres, il serait dommage de manquer ce long-métrage qui réunit fort bien tous les ingrédients indispensables à ce type de film : un méchant complètement barré (excellente interprétation de Jai Courtney) à tel point que les requins paraissent (presque) inoffensifs, une victime qui ne se laisse pas faire, des rebondissements en cascade, un décor de rêve, un peu d’humour et d’amour, du sang mais sans exagération et un rythme qui ne faiblit quasiment pas du début à la fin. Une réussite dans le genre.